COLLECTIF DU CHÊNE-VERT

CCV CCV

Un arboretum, une tempête, des internautes...

Récits d'une découverte

Quand les membres du CCV découvraient l'Arboretum


Des arbres et des hommes - Arlette, Lorraine, 08/05/2004

L'envie était là depuis longtemps, de plus en plus pressante, lancinante. Mais comment faire pour atteindre enfin ce coin de paradis, cet eldorado tant vanté ? Un jour enfin, Michel le bon génie arriva prêt à se charger de toute la ménagerie pendant que nous mettions le cap sur la Charente.
Le plan détaillé nous permet d'arriver sans nous perdre (ce qui est rare vu mon sens de l'orientation). Nous nous engageons dans le chemin d'accès. Tiens, des lilas : une plante que je connais mais je sens que, bientôt, cela va changer. L'accueil sur le parking est chaleureux : Marie-France, Jean-Louis, Pascale, Bernard, Rocky et Nicotine sont là. Et nous nous laissons guider vers la maison en longeant la pépinière. Il y a des pousses de bambou au milieu de l'allée. Je suggère de les éviter, autant par respect pour elles que par crainte pour l'intégrité de mes pneus. Mais il paraît qu'il faut rouler dessus. Ah bon !
Nous arrivons à la maison aussi chaleureuse et accueillante que ses occupants et la conversation s'engage autour d'un café. Bientôt, la Jenlain succède au café et le repas suit : délicieux et dont les proportions auraient suffi à rassasier le CCV tout entier. Pour couronner le tout, nous avons eu droit au dessert du Chef, sa spécialité qu'il ne cuisine qu'une fois tous les dix ans : essayez d'imaginer du rhum, beaucoup de rhum entouré de charlotte.
Mais voici enfin arrivé le moment tant attendu : la visite de l'arboretum. À cet instant, le temps s'arrête, on entre dans une autre dimension. Tout est découverte et émerveillement. Guidés par Jean-Louis, nous apprenons à regarder ce que, sans lui, nous n'aurions fait que voir. Chaque plante a son histoire, ses caractéristiques. Certaines s'offrent d'emblée au regard, d'autres, discrètes, attendent qu'on les découvre. Au détour de chaque allée, le spectacle change. Je me transforme en éponge et j'absorbe en vrac tous ces tableaux impressionnistes.
Nous descendons vers la Vienne. Jean-Louis nous montre où elle arrive lors des crues. C'est difficile à imaginer quand on la voit couler si paisible.
Bon prince, le soleil daigne être de la partie. Il joue à travers les jeunes feuillages faisant chanter l'extraordinaire palette de coloris printaniers. Toutes les nuances, du vert tendre au bronze en passant par le gris et le doré sont présentes. Je revois encore cette jolie feuille entourée d'un liseré bronze et dont j'ai oublié le nom (comme celui d'ailleurs de toutes les autres).
À chaque pas, il y a une plante à découvrir, à admirer : le grand pin penché dont on se demande s'il tiendra, le tapis de jacinthes sauvages, la clairière aux iris que l'on imagine en fleurs, ces houx qui ressemblent à tout sauf à l'image traditionnelle d'un houx, l' »hybride naturel raté » dont les branches portent deux feuilles différentes, les écorces qui se détachent, ces deux arbres qui ne diffèrent que par un détail de l'écorce, insignifiant pour un profane et la feuille du surprenant « arbre caoutchouc » dont les morceaux déchirés restent attachés par un mince filament élastique.
La petite rose jaune de l'invitation nous fait la faveur d'être fleurie.
L'arbre de Judée flamboie. Le compagnon rouge et autres fleurs sauvages sont respectés. Ils égaient les massifs et ne seront fauchés que plus tard dans la saison. Des arbres se sont semés et les jeunes pousses sont soigneusement repérées pour être identifiées et transplantées ailleurs.
Si le spectacle enchante la vue, nos autres sens sont aussi sollicités. Au murmure du vent dans les branches se mêlent le chant des oiseaux et le cri des grenouilles dans la mare. Arrivés au bord de celle-ci, les chiens ne résistent pas à l'envie de faire trempette.
Jean-Louis nous met en main des feuilles dont nous apprécions la texture satinée, veloutée, lisse ou rugueuse. Nous touchons des écorces, des rameaux, tous différents. Le vent nous apporte un parfum. De quelle fleur émane-t-il ? Il faut souvent la chercher alors que cette autre, de forme insolente qui attire notre regard ne sent rien. Ce sont des bractées que nous voyons, la fleur elle-même est insignifiante.
De découverte en découverte, la promenade nous ramène à la maison. Une Jenlain et un petit repos plus tard et nous partons vers le haut de l'arboretum vers les maisons du reste de la famille. Là, un vaste espace est en cours d'aménagement et c'est alors que nous nous rendons mieux compte du chemin parcouru depuis le pré à moutons du départ jusqu'à l'arboretum actuel. Je suis fière d'avoir contribué au « tassage » des allées.
Le repas du soir est tout aussi convivial et copieux que celui de midi.
Nous n'avons pas réussi à terminer la charlotte. La soirée se passe calmement à discuter de tout et de rien et nous prenons conscience que le Chêne-Vert, ce n'est pas seulement un endroit planté d'arbres mais aussi, et surtout, un lieu d'accueil et d'écoute. C'est certainement grâce à cette influence que le CCV est devenu la communauté que nous connaissons et où tout peut se partager, les joies et les peines de chaque jour comme les grands bonheurs et les heures difficiles. On pourrait rester là des heures mais la route nous attend demain et nous allons retrouver le confort de la chambre d'hôtes.
Lundi matin : un dernier café, un dernier échange et c'est le moment du départ. Il reste à remplir la mission que Michel nous a confiée : la photo de la brouette. Le cœur un peu serré, nous repartons vers la Lorraine mais, nous le savons, nous reviendrons.
Nous ne savons pas quand mais, c'est certain, nous reviendrons. D'ailleurs, comment faire autrement ? Nous n'avons pas eu le temps de voir le pinus aristata.
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